Quelles idées reçues .

Déjà pendant la grossesse, nous recevons de nombreux conseils concernant l’allaitement maternel. Chacun donne son avis, affirme ses idées. Qu’en est-il de ces idées reçues….

Les pleurs de bébé.

Dans notre société de consommation, on croit souvent qu’un bébé qui pleure, est un bébé qui a faim ! Mais un bébé peut pleurer car il a froid, mal, peur, s’il est inquiet….il peut avoir juste besoin de câlins et d’être materné. Un enfant de quelques semaines ne fait pas de caprices et il ne faut pas hésiter à répondre à sa demande, à le prendre dans les bras souvent. Certains bébés sont plus intenses, ils ont besoin de plus de présence, plus de contact, plus de maternage,…cela fait partie de leur personnalité.

La « montée de lait »

Trois ou quatre jours après la naissance, les seins deviennent douloureux, tendus, parfois rouges, c’est la congestion mammaire, que l’on appelle, à tort « montée de lait ». Il y a un afflux de sang dans les vaisseaux sanguins afin de préparer la fabrication d’une plus grande quantité de lait. Ce phénomène est normal, et passager.
Des douches tièdes, des compresses chaudes ou un massage aréolaire pourront vous soulager.  

La pesée avant et après la tétée.         
         
Des expériences ont montré que si l’on pèse bébé avant qu’il reçoive 100gr de lait au biberon, il ne pèse pas 100 gr en plus après le repas. Pourquoi en serait-il autrement au sein ? Au contraire, les pesées trop fréquentes sont source d’angoisse et peuvent stresser la maman et entrainer une diminution de la lactation. Les pesées effectuées lors de la consultation des nourrissons ou de la visite chez le pédiatre sont suffisantes pour un bébé en bonne santé.

Ais-je assez de lait ?

La production du lait est une réponce à la stimulation des seins par la succion du bébé.  Si la maman présente le sein au bébé dès qu’il le désire et aussi longtemps qu’il le veut, il y aura assez de lait. Il est important que bébé puisse téter aussi souvent qu'il le désire, tant qu'il le désire et que bébé téte de façon efficace .  

Il y a des signes objectifs qui peuvent vous rassurer,

  1. bébé mouille au moins 5 couches par 24 heures
  2. les selles sont jaunes et assez liquides
  3. vous pouvez entendre bébé déglutir lorsqu'il est au sein
  4. votre bébé crie vigoureusement lorsqu'il n'est pas content
  5. lorsqu'il est éveillé, bébé est tonique, répond aux stimulations (sourire, regards...), gesticule lorsque vous l'habillez...

Dois-je lui donner des compléments ?

Il n’est en général pas nécessaire ni souhaitable de compléter l’allaitement par des biberons. Le lait maternel suffit à répondre aux besoins de bébé. Cependant, dans certains cas, le médecin exigera des compléments de lait (enfant malade, bébé qui maigrit…).Dans la mesure du possible, on complètera avec du lait maternel recueilli par la maman.  Dans tous les cas, il faudra éviter le biberon, on peut proposer le lait à la tasse, au gobelet, à la paille, à la seringue…             

Les horaires et la durée des tétées.

Le lait maternel change de composition au fur et à mesure de la tétée: il y a plus de glucides (sucres) dans le lait de début de tétée, de protéines en milieu de tétés et de lipides (graisses) en fin de tétée.Il est donc très important que bébé puisse téter autant qu’il le veut afin qu’il reçoive tous les nutriments dont il a besoin.
Lorsque bébé est nourri au sein, nous ne pouvons pas « voir » la quantité de lait qu’il a bu, il faut lui faire confiance, le laisser téter autant qu’il le désire et lui proposer le sein chaque fois qu’il le souhaite.
De plus le lait maternel est très digeste, un bébé en bonne santé peut donc recevoir autant de tétées qu’il le désire pendant la journée, et aussi la nuit, sans qu’il soit nécessaire de laisser un temps minimum entre les tétées.

J’ai de petits seins, aurais-je assez de lait ? 

La taille des seins n’influence en aucun cas la production de lait. Qu’elles aient de petits ou de gros seins, toutes les femmes sont capables d’allaiter (sauf dans certains cas, par exemple suite à une chirurgie). C’est la stimulation correcte du mamelon et de l’aréole de façon régulière et efficace qui va enclencher une production due lait suffisante.

J’ai des mamelons plats, mon bébé saura-t-il téter ?  

Certaines femmes ont (au repos) des mamelons plats ou rentrants. La majorité d’entre elles pourront allaiter sans problème. Si le bébé est placé correctement, s’il ouvre bien la bouche, le sein sera correctement stimulé et le lait produit en suffisance. N’hésitez pas à parler de vos doutes lors des consultations prénatales et à demander conseil en maternité.

Et si j’accouche par césarienne ? 

Mettre son bébé an monde par césarienne, n’empêche en aucun cas d’allaiter. Il faut se faire aider afin de s’installer dans une position confortable pour maman et bébé, de façon à éviter le plus possible la douleur les premiers jours. L’allaitement dépendra ensuite, comme pour un accouchement par voie basse, de la stimulation régulière et efficace des seins.  

Les crevasses sont-elles inévitables ?

Contrairement à ce que l’on entend souvent, l’allaitement n’est pas synonyme de crevasses. Des gestes simples, une bonne position du bébé et de la maman , un bébé qui prend bien le mamelon et une partie de l’aréole , une bonne hygiène permettent d’allaiter longtemps sans souffrir de crevasses.    

Médicaments et allaitement.

La plupart des substances médicamenteuses passent dans le lait maternel et doivent donc toujours être prescrites par un médecin. Il existe presque toujours un  médicament compatible avec la poursuite de l’allaitement. Renseignez-vous.Seul le paracétamol simple peut être employé à doses conseillées en cas de fièvre ou de douleurs.En cas de doute, le centre anti-poisons ( 070 / 245 245 ) possède une liste détaillée des médicaments autorisés et déconseillés lors de l’allaitement.  Les associations d’aide à l’allaitement peuvent également vous aider en cas de doute.

Allaitement et contraception.

L’allaitement maternel ne protège pas d’une nouvelle grossesse. Même si l’allaitement influence la fécondité, il n’est pas un moyen de contraception. Demandez conseil à votre gynécologue pour vous aider à choisir la contraception la plus adaptée pour vous.

Allaiter des jumeaux 

Il est possible d’allaiter exclusivement des jumeaux et cela pendant plusieurs mois. Avoir confiance en soi et en ses bébés, se donner le temps pour s’organiser, proposer le sein à la demande et à volonté …permet de bien démarrer l’allaitement. Le personnel de la maternité et les associations d’aide pourront vous  donner des conseils, des astuces pratiques pour vous aider à vous organiser.  

Allaiter deux enfants.

Allaiter deux enfants d’âges différents en même temps est possible. Et cela peut être très gai pourvu que l’on en ait envie.Les besoins du  nouveau-né devront cependant passer avant ceux de l’ainé et celui-ci ne sera plus allaité exclusivement.  

Le sevrage.

Passer le l’allaitement exclusif au l’alimentation variée doit se faire en douceur. Il vaut mieux commencer par remplacer la tétée la moins importante de la journée par un autre repas pendant au moins deux jours. Lorsque le changement est bien accepté par bébé, vous remplacerez une deuxième tétée pendant quelques jours et ainsi de suite.

Allaiter mon enfant c'est l'aider à se protéger des infections.

 On sait actuellement que l'allaitement offre de nombreux avantages, il intervient entre autre dans la protection contre les infections. En allaitant votre bébé, vous lui transmettez des anticorps, vous lui donnez des moyens supplémentaires pour se protéger des maladies. Cela ne veut pas dire qu'il ne sera jamais malade mais il aura moins de risque de l'être qu'un enfant nourri avec une préparation pour nourrissons.          

Ma mère n'a pas pu allaiter, moi non plus ?

Malheureusement, de nombreuses mères ont interrompu douloureusement l’allaitement pour de fausses raisons!   Il est vrai que, même si  vous avez l'envie d'allaiter et que vous êtes convaincue des bénéfices de l’allaitement pour vous et pour bébé,  vous serez probablement confrontée à quelques difficultés : seins douloureux les premiers jours de l'allaitement, lait qui s'écoule entre les tétées...Mais le plus difficile,  ce qui peut faire douter, ce sont les 'conseils" bien intentionnés  de l'entourage sur votre allaitement, vos capacités à nourrir correctement votre bébé, à être une "bonne mère".  Dans les moments de fatigue, de doute, de  questionnement, n'hésitez pas à faire appel à des personnes capables de vous soutenir dans votre allaitement: une amie ayant bien vécu son  allaitement, une association de soutien, le personnel de votre maternité...peuvent vous aider.  L'allaitement peut être influencé par de  nombreuses circonstances : l'angoisse de "ne pas bien faire", le stress, la fatigue, ...C'est l'histoire de votre allaitement et ce n'est en rien lié à  l'histoire d'allaitement de vos parents....Si vous avez déjà allaité un premier enfant et que cette expérience ne vous a pas satisfaites complètement, il est possible qu'une seconde grossesse, un second allaitement sera une expérience très positive : chaque enfant est une nouvelle aventure ,vous avez changé et vous n'allez pas accueillir ce bébé de la même manière que le précédent, les difficultés que vous avez rencontrées vous ont rendue plus forte;  Pensez  aussi à solliciter le papa, il peut vous apporter un soutien très important!

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